Prévenir et traiter les maladies hivernales : les conseils du docteur Benjamin Fiol

Déc 21, 2023

Ce vendredi 22 décembre marque l’arrivée de l’hiver. À cette occasion, nous avons interrogé le docteur Fiol afin de nous éclairer sur les maladies dites hivernales. Des conseils sur la bronchiolite chez les enfants aux pratiques préventives essentielles, cet entretien offre un aperçu succinct mais informatif des défis de santé en hiver. Avec un objectif commun à tous : passer des fêtes en bonne santé !

Docteur Fiol, qu’entend-on par maladies hivernales ?

Le terme de « maladies hivernales » est général. On les définit selon une saisonnalité comme l’hiver car les maladies virales sont principalement augmentées. Pour cause : les températures qui baissent et l’humidité qui augmente. Nous restons dans des milieux plus confinés et nos comportements sociaux sont différents par rapport à l’été. Donc, la propagation est plus fréquente. Lorsque l’on évoque les maladies hivernales, on pense à la grippe, mais également à la rhinite, rhinopharyngite, la gastro-entérite et aujourd’hui nous vivons avec la covid.

Justement, où en sommes-nous avec l’épidémie de covid ?

Aujourd’hui, dans la région des Alpes-Maritimes, nous notons une augmentation significative des cas de covid. Il est à noter qu’une grande majorité de la population est vaccinée avec plusieurs doses. Cela est dû aux campagnes réalisées par le gouvernement.

En ce moment, beaucoup de nos patients présentent des symptômes du type frissons, courbatures, maux de tête, symptômes digestifs et surtout une grande fatigue. Pour autant, la perte du goût et de l’odorat n’est pas forcément présente avec la covid qui se répand actuellement. Les symptômes peuvent être quasi-similaires à une grippe. D’ailleurs, les tests antigéniques (covid ou grippe) sont facilement réalisés.

Globalement, les patients vont bien. Toutefois la covid reste grave pour une personne fragile : obèse, diabétique, insuffisance respiratoire, les patients avec certaines pathologies chroniques, etc.

Les enfants sont au centre des préoccupations lorsque l’on évoque ces maladies dites hivernales. En particulier, la bronchiolite qui touche 30% des enfants de moins de 2 ans. Quels sont vos conseils à ce sujet ?

La bronchiolite est une infection respiratoire d’origine virale qui touche principalement les enfants de moins de deux ans (le plus souvent de 2 à 8 mois ; jusqu’à 2 ans ). Elle concerne 30% des nourrissons.

Elle est généralement due au virus VRS (Virus respiratoire syncytial) qui cause une décompensation respiratoire. Les symptômes sont les suivants : le nez qui coule et des signes de rhino-pharyngite avec toux. Les signes de bronchiolite entraînent également une augmentation de la fréquence respiratoire avec hausse du temps expiratoire, l’encombrement des voies respiratoires, sifflement expiratoire et des ronronnements dans les poumons. Elle peut être problématique du fait de sa rapide décompensation respiratoire.

Il faut rechercher des signes de gravité pour orienter l’enfant rapidement en fonction du terrain (âge / prématurité / antécédent ) et surtout des signes cliniques et des paramètres vitaux.

En réalité, la bronchiolite a plusieurs stades. Le médecin peut rassurer les parents, les orienter et leur expliquer l’évolution possible. Il faut bien expliquer aux parents les signes possibles d’aggravation qui les mèneront à se rendre aux urgences pédiatriques.

Dans un premier temps, sans signe de gravité, le traitement principal d’une bronchiolite consiste à nettoyer le nez de l’enfant (on appelle ce procédé une DRP – Désobstruction rhinopharyngée) : il s’agit d’insérer la petite pipette dans son nez pour libérer les voies aériennes. Ensuite, nous devons essayer de le faire boire – il est nécessaire d’hydrater son enfant pour fluidifier les sécrétions et il faut fractionner ses biberons. Il est également essentiel de mettre un petit coussin sous son oreiller pour qu’il soit un petit peu relevé. Dans la chambre, il faut aérer et contrôler la température (veiller à ce qu’elle avoisine les 19 degrés). Enfin, pour rappel, il ne faut pas fumer devant l’enfant.

Après, il faut consulter son médecin généraliste. Certains soins peuvent être faits en cabinet ou en centre (pour désengorger les urgences). À noter que sans signe de gravité, 95% des enfants sont traités en ville par leur médecin et ne sont pas hospitalisés.

Plus généralement, quelles sont les habitudes à adopter pour éviter de tomber malade ?

Il est essentiel de prendre des mesures préventives, à savoir : se faire vacciner, tousser dans le coude, garder du gel hydroalcoolique dans son sac, aérer les pièces quand on est plusieurs.

Je vous rassure : nous avons toujours vécu avec ces maladies hivernales, cela est normal.

Il faut aussi prendre en compte l’hygiène de vie. En hiver, on a besoin d’encore plus de vitamines. Beaucoup de personnes sont demandeurs de compléments nutritionnels. C’est prescrit et non remboursé. Les pharmaciens peuvent aussi conseiller sur des cocktails de vitamines : du fer, du magnésium, de la vitamine C. Ensuite, il faut avoir une alimentation équilibrée : ne pas manger trop gras, trop sucré, privilégier les protéines et les légumes. Mais en réalité c’est une démarche sur le temps long : pas seulement en hiver.

De la même façon, il est nécessaire d’avoir une activité physique quotidienne et régulière. Quand on se dépense, on a un sommeil de meilleure qualité. Avoir une vie équilibrée (se coucher à heure fixe, éviter les stimulations du cerveau avant de se coucher) aide dans l’harmonie du corps.

Les antibiotiques sont-ils toujours nécessaires ?

Le rôle du médecin est de faire le tri entre les patients qui ont besoin d’antibiotiques ou non. En raison des croyances empiriques, certaines personnes pensent que la prise d’antibiotiques favorise la guérison rapide. Cependant, si elle a attrapé un virus, il va régresser tout seul.

Son rôle consiste également à rassurer le patient, lui expliquer qu’avec un traitement symptomatique contre la toux, le nez qui coule ou encore les spasmes, la maladie va partir toute seule.

Nous voyons fréquemment que certains prennent des antibiotiques avant de consulter le médecin. Pour le médecin, cela lui complique la tâche : il doit leur expliquer qu’ils n’ont pas besoin de ce traitement.  De plus, cela crée d’éventuelles résistances aux antibiotiques et par conséquent, une autre pathologie peut être masquée…

Un message pour conclure cette année 2023 et accueillir la nouvelle année ?

Passez de bonnes fêtes auprès des gens que vous aimez, c’est l’essentiel !

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